Communiqués et dossiers de presse

Mise à l'abri des personnes installées sur la rive droite de la Garonne (19/03/15)

 
 

Depuis 7h00 du matin, à la demande de Michel DELPUECH, Préfet de la région Aquitaine, Préfet de la Gironde, les services de l'Etat proposent aux personnes sans abri, installées dans des campements de fortune quai Deschamps et quai de la Souys sous le pont Saint-jean et la passerelle Eiffel à Bordeaux en bord de rive droite de la Garonne, de se rendre au gymnase Thiers.

Ce gymnase a été réquisitionné par l'Etat du 19 au 24 mars pour permettre la mise à l'abri de ces personnes, en raison des grandes marées et du risque important d'inondation et de submersion des zones situées en bord de rive droite de Garonne. Leurs sites de campements se trouvent en effet en zone rouge du Plan de Prévention des Risques Inondation, c'est à dire sur des secteurs où les inondations sont les plus redoutables.

Au total, 61 personnes ont été acheminées en bus vers le gymnase Thiers où la gestion du lieu a été confiée à la Croix Rouge et l'Association Départementale de Protection Civile de la Gironde.

Ces personnes sont en majorité des demandeurs d'asile sahraouis qui ont déposé une demande d'asile à la Préfecture. Leur nombre n'a cessé d'augmenter depuis 3 ans : 13 dossiers ont été déposés en 2013, 274 en 2014 et 129 depuis le début de l'année 2015. On compte aujourd'hui près de 400 demandeurs d'asile sahraouis en Gironde.

Pour analyser le phénomène, le Préfet a fait procéder à des investigations avec les services de la direction zonale de la police aux frontières (DZPAF). Ces investigations ont déjà montré que sur 170 dossiers examinés, il s'avère que 73 sahraouis n'ont pas vocation à rester sur le territoire français et à bénéficier de l'aide financière versée par l'Etat aux demandeurs d'asile car :

- soit ils disposent d'un titre de séjour ou d'une autorisation provisoire de séjour en Espagne et par conséquent, ils ne peuvent prétendre au statut de demandeur d'asile en France et c'est à l'Espagne de traiter leur demande ;
- soit ils ont déposé une demande d'asile en Espagne sans en faire état lors du dépôt de dossier en Préfecture, ce qui constitue une fraude conduisant au retrait de leur autorisation de séjour en France. Là encore c'est à l'Espagne de traiter leur demande d'asile.

Pour ces personnes, le processus de réacheminement en Espagne est donc engagé en lien avec les autorités concernées.

Par ailleurs, pour les dossiers ne faisant pas l'objet d'un signalement en Espagne, le Préfet a saisi le directeur général de l'OFPRA* - organisme chargé de l'application des textes français et conventions européennes et internationales relatifs à la qualité de réfugié, d'apatride et à l'admission à la protection subsidiaire - pour le sensibiliser à la situation afin que ces dossiers soient instruits dans les meilleurs délais.

*office français de protection des réfugiés et apatrides