Le risque mouvements de terrain

 
 
Maison St Germain

 

Un mouvement de terrain se caractérise par un déplacement du sol ou du sous-sol pouvant entraîner un certain nombre de désordres comme des effondrements de cavités souterraines, des glissements de terrain, etc. Le déplacement peut être lent (quelques millimètres par an) comme très rapide (des centaines de mètres par jour).

Il peut avoir une origine naturelle (liée aux phénomènes de séisme ou d’érosion) ou être le résultat de l’action de l’homme ; il est alors qualifié d’anthropique (du fait de terrassement, de déboisement ou du fait de l’exploitation des ressources du sous-sol dans le cas des carrières souterraines...).

L’expression « mouvement de terrain » recouvre des phénomènes différents. En Gironde, il s’agit pour l’essentiel de 3 phénomènes :

 

L’éboulement de falaise

L’éboulement de falaise recouvre quatre types de phénomènes distincts.

Par ordre d’importance :

  • Des chutes de pierres et de blocs (dont la taille peut varier de quelques cm3 à plusieurs m3) ;
  • Des éboulements ou écroulements de pans de falaises ou d’escarpements rocheux dont la taille peut varier d’une centaine à quelques milliers de m3) ;
  • Des glissements de terrain : il s’agit du mouvement d’une masse de terrain d’épaisseur variable, le long d’une surface de rupture. Les volumes déplacés sont considérables ;
  • Des coulées boueuses

55 communes concernées en Gironde

En Gironde, 55 communes sont concernées. Elles appartiennent essentiellement à trois secteurs très sensibles au phénomène du fait de la présence de versants calcaires ou de coteaux argileux :

  • L’Estuaire de la Gironde entre Blaye et Bourg
  • La Vallée de la Garonne entre Bassens et La Réole
  • La Vallée de la Dordogne entre Bourg et Sainte-Foy-La-Grande

 

L’effondrement de cavité souterraine

Plus de 1 400 cavités souterraines en Gironde

Une cavité souterraine est un vide creusé à une profondeur variable. Certaines sont naturelles (les cavités karstiques notamment) et d’autres sont artificielles (anciens sites d’extraction de pierres de construction), on parle alors de carrière souterraine.

Très nombreuses en Gironde, les carrières souterraines ont servi à l’expansion de Bordeaux aux XVIIIe et XIXe siècles. Ces carrières ont été implantées le plus souvent le long des versants les plus proches de Bordeaux afin de faciliter les conditions d’acheminement par voie fluviale ou terrestre. Bien que l’exploitation de ces carrières ait en principe cessé depuis le milieu du XXe siècle, de nombreuses carrières abandonnées subsistent et créent ainsi des vides et dédales de galeries dans le département.

À ce jour, plus de 1 400 carrières souterraines ont été recensées dans le département. La plupart sont à l’état d’abandon ou de ruine. Les services du Département de la Gironde (bureau des carrières) veillent à recenser et à délimiter toutes les carrières souterraines existantes, pour mieux permettre de définir les mesures de sécurité à appliquer. De nouvelles carrières sont ainsi découvertes chaque année.

Pour en savoir plus sur le Bureau des carrières et accéder à la cartographie des carrières souterraines : https://www.gironde.fr/collectivites/mobilites-voirie/les-carrieres-souterraines

Toute personne qui a connaissance de l’existence d’une cavité souterraine ou d’une marnière dont l’effondrement est susceptible de porter atteinte aux personnes ou aux biens, ou d’un indice susceptible de révéler cette existence, doit en informer le maire, qui communique sans délai au représentant de l'État dans le département et au président du Département les éléments dont il dispose à ce sujet. (loi n°2003-699 du 30 juillet 2003, relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages).

Les risques majeurs liés aux cavités souterraines

Les risques majeurs liés aux cavités souterraines sont les affaissements et les effondrements de terrain :

  •  Les affaissements engendrent des manifestations en surface lentes et progressives, et créent des dépressions topographiques pouvant aller de quelques centimètres à quelques dizaines de centimètres.
  •  Les effondrements de terrain engendrent des manifestations de surface rapides ou brutales. Ils sont plus graves, car leur survenue est difficile à prévoir exactement et ils peuvent provoquer une rupture importante sans que les terrains sous-jacents puissent atténuer la dépression.

Le dernier effondrement de terrain important en Gironde s’est produit les 8 et 9 février 2011 à Saint-Germain-du-Puch : 2 000 m² de terrain situés sur des carrières souterraines s’effondraient. Quelques phénomènes d’effondrement de cavités souterraines karstiques (cavités naturelles) ont pu également être observés en Gironde, toutefois ce risque est relativement mal connu.

Au 1er juin 2012, ce sont 122 communes qui sont concernées par ce risque en Gironde, essentiellement autour de 5 pôles :

  • Dans le Bourgeais et le Cubzaguais de Villeneuve à Cubzac-les-Ponts (*Villeneuve, Gauriac, Bayon sur Gironde, Saint Seurin de Bourg, Tauriac, Prignac et Marcamps notamment)
  • Dans le Fronsadais, de Lugon à Fronsac
  • Dans le Libournais (*Saint-Émilion, Saint-Laurent-des-Combes et Montagne notamment) ;
  • Dans les « Côtes de Bordeaux » (*Latresne, Camblanes et Langoiran...) ;
  • Dans l’Entre-Deux-Mers (*Baron, Branne, Cabara, Camarsac, Croignon, Daignac, Espiet, Grezillac, Nérigean, Saint Germain du Puch, Saint Questin de Baron...).

* communes dans lesquelles, un PPRMT a été prescrit à ce jour

En savoir plus sur les cavités sur le site Géorisques : http://www.georisques.gouv.fr/dossiers/cavites-souterraines#/

Comment agir face au risque de mouvement de terrain?

AVANT : INFORMATION ET PRUDENCE

Prudence : Ne pas s’aventurer dans une carrière souterraine abandonnée

S’informer : Sur les risques et les consignes de sauvegarde, auprès de votre mairie, de la préfecture de Gironde, ou sur internet : voir les liens utiles

PENDANT : LES GESTES ESSENTIELS
Risque mouvement de terrain

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Le retrait-gonflement des sols argileux

Le phénomène de retrait-gonflement concerne exclusivement les sols à dominante argileuse. Ce sont des sols fins, composés de minéraux (argiles, glaises, marnes ou limons), renfermant des quantités d’eau variables.

À la suite d’un épisode pluvieux, les sols se comportent « comme une éponge » et voient leur volume augmenter ; c’est la phase de gonflement.

À l’inverse, les sols se rétractent lors des périodes de sécheresse, phénomène de retrait reconnaissable par la présence de fissures et de craquelures qu’il engendre en surface sur les bâtiments.

Par la suite, le retour à une période humide où les eaux auront tendance à pénétrer plus rapidement par les fissures, peut accélérer un nouvel épisode de gonflement.

La présence d’arbres (racines) accentue le phénomène.

 

Des dégâts affectant l’ensemble de la construction

Les mouvements de terrains liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux ont des répercussions sur les constructions, les dégâts occasionnés touchant généralement leurs structures : les murs et les terrasses présentent des fissures qui selon le cas s’ouvrent ou se referment au gré des changements climatiques, les charpentes sortent de leur logement, les tuyauteries et les canalisations se cassent, les cloisons se fissurent, les portes et fenêtres se déforment…

Les habitations individuelles de plain-pied sont particulièrement exposées à ce risque, surtout lorsqu’elles reposent sur des fondations superficielles, inférieures à 0,80 m de profondeur.

 

Les 2/3 de la superficie du département de la Gironde touchés

Les formations géologiques argileuses recouvrent près des 2/3 (63 %) de la superficie département de la Gironde. Seules 9 communes ne sont pas concernées.

Cette situation a pour conséquence une sinistralité élevée sur ce territoire. En effet, la Gironde fait partie des départements français particulièrement touchés par le phénomène, puisque plus de 3 700 sinistres imputés au retrait-gonflement des argiles y ont été recensés dans le cadre de l’étude réalisée en 2004 par le BRGM : 179 communes sur les 542 que compte le département ont été reconnues en état de catastrophe naturelle pour ce phénomène, pour des périodes comprises entre mai 1989 et décembre 2002.

Avoir une connaissance de l’aléa sur la totalité des départements contribue à diminuer le nombre de sinistres causés par le phénomène de retrait-gonflement des argiles. Ainsi, délimiter les secteurs a priori sensibles permet d’y diffuser certains principes de prévention à respecter.

Le terme d’aléa désigne la probabilité qu’un phénomène naturel d’intensité donnée survienne sur un secteur géographique donné et dans une période de temps donnée. La cartographie de l’aléa retrait-gonflement des argiles revient donc à définir, en tout point du territoire, la probabilité qu’une maison individuelle soit affectée par un sinistre par exemple dans les dix ans qui viennent. À la demande du Ministère de l’Environnement, le BRGM a dressé, pour l’ensemble du territoire métropolitain (hors ville de Paris), des cartes d’aléa définies de manière qualitative.

Les cartes ont pour but de délimiter toutes les zones qui sont a priori sujettes au phénomène de retrait-gonflement et de hiérarchiser ces zones selon un degré d’aléa croissant :

  • les zones où l’aléa retrait-gonflement est qualifié de fort, sont celles où la probabilité de survenance d’un sinistre sera la plus élevée et où l’intensité des phénomènes attendus est la plus forte ;
  • les zones où l’aléa est qualifié de faible, la survenance de sinistres est possible en cas de sécheresse importante, mais ces désordres ne toucheront qu’une faible proportion des bâtiments (en priorité ceux qui présentent des défauts de construction ou un contexte local défavorable, avec par exemple des arbres proches ou une hétérogénéité du sous-sol) ;
  • les zones d’aléa moyen correspondent à des zones intermédiaires entre ces deux situations extrêmes ;
  • les zones où l’aléa est estimé a priori nul, il s’agit des secteurs où la carte géologique actuelles n’indiquent pas la présence de terrain argileux en surface. Il n’est cependant pas exclu que quelques sinistres s’y produisent, car il peut s’y trouver localement des placages, des lentilles intercalaires, des amas glissés en pied de pente ou des poches d’altération, de nature argileuse, non identifiés sur les cartes géologiques à l’échelle 1/50 000, mais dont la présence peut suffire à provoquer des désordres ponctuels.

En application de l’article 68 de la loi ELAN du 23 novembre 2018, le décret du conseil d’État n°2019-495 du 22 mai 2019 a créé une section du Code de la construction et de l’habitation spécifiquement consacrée à la prévention des risques de mouvements de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols.

L’objectif de cette mesure législative est de réduire le nombre de sinistres liés à ce phénomène en imposant la réalisation d’études de sol préalablement à la construction dans les zones exposées au retrait-gonflement d’argile.

La nouvelle carte d’exposition publiée sur Géorisques doit permettre d’identifier les zones exposées au phénomène de retrait gonflement des argiles où s’appliqueront les nouvelles dispositions réglementaires à partir du 1er janvier 2020 dans les zones d’exposition moyenne et forte.

La nouvelle carte d’exposition affichée ci-avant requalifie l’exposition de certains territoires au phénomène de retrait gonflement argileux. Elle a été élaborée à partir :

  • de la carte de susceptibilité mise au point par le BRGM à l’issue du programme de cartographie départementale de l’aléa retrait-gonflement des argiles conduit de 1997 à 2010 ;
  • et des données actualisées et homogénéisées de la sinistralité observée collectées par la Mission Risques Naturels (MRN).

Pour consulter la carte des argiles : http://www.georisques.gouv.fr/dossiers/argiles/carte#/dpt/33

En savoir plus : http://www.georisques.gouv.fr/dossiers/exposition-au-retrait-gonflement-des-argiles#/

> Guide retrait-gonflement argiles - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 6,79 Mb