Concertation en cours : révision du PPRI de l'agglomération bordelaise

Histoire des inondations

 
 

Index d'articles

  1. Histoire des inondations
  2. La tempête Martin de 1999
  3. Un territoire attractif

L’agglomération bordelaise a depuis toujours connu des inondations majeures. Les événements les plus marquants ont fait l’objet de nombreux récits et témoignages, qui relatent les dégâts occasionnés, ils détaillent aussi les origines diverses de ces inondations.

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1970, la rue Carpenteyre inondée

Des événements très anciens

Plus d’une dizaine de crues importantes sur le territoire qui constitue aujourd’hui l’agglomération bordelaise ont été répertoriées depuis le XVe siècle. On constate que ces inondations avaient généralement lieu en hiver ou en été.

La « Grande Souberne des Rameaux » d’avril 1770

Liée à neuf jours de fortes pluies et à la fonte des neiges dans les Pyrénées, cette crue dévastatrice plus en amont de Bordeaux (Beautiran, Cadaujac) n’a inondé que le quartier de La Bastide. Les dégâts auraient pu être plus importants si la Garonne n’avait pas envahi le lit d’un ancien cours d’eau abandonné (La Souys) permettant de réduire la montée des eaux au droit de Bordeaux.

L’inondation de janvier 1843

Cette crue majeure, survenue après quinze jours de pluie, inonda Bruges, Eysines, Blanquefort, Parempuyre, Le Bouscat et les marais de la Rivière suite à plusieurs ruptures de digues. Tous les palus de Floirac, Bouliac, Latresne, Camblanes et Quinsac furent également inondés.

À Bordeaux, l’eau a envahi les quartiers donnant sur les quais, mais aussi Belleville et Mériadeck : plus de 30 cm sont relevés dans les maisons des rues de Cheverus, Beaubedat et Margaux. On déplore d’importants dégâts : pont affaissé, bâtiments détruits… La crue a duré trois jours, l’écoulement de l’eau dans la Garonne étant freiné par de fortes marées.

L’inondation du 12 novembre 1875

La coïncidence d’une grande marée avec la crue du fleuve a submergé les quais de Paludate, de Bacalan, des Chartrons sur la rive gauche et des Queyries sur la rive droite. L’eau des égouts, ne pouvant se vider dans la rivière, remontait dans les caves.

Les inondations de janvier et février 1879

Après une première inondation le 15 janvier – causée par des pluies intenses - les quais des deux rives de l’agglomération bordelaise ont été à nouveau submergés le 18 février après 5 jours de précipitations et de vents venant du nord-ouest, conjugués à de fortes marées d’équinoxe.

Suite à une brèche au niveau du quai de Queyries, le quartier de La Bastide a été complètement inondé avec 1,60 m d’eau dans certaines rues, l’eau s’étalant jusqu’au pied des coteaux de Cenon. Plus de 1 000 personnes furent évacuées.

Sur la rive gauche, toute la plaine de Blanquefort est sous l’eau jusqu’à Parempuyre, avec souvent de l’eau jusqu’au premier étage des maisons.

Une dizaine d’inondations au cours du XXe siècle

La Garonne a connu d’importantes crues au cours du siècle dernier. Certaines d’entre elles n’ont pas toujours entrainé d’inondations dramatiques sur Bordeaux, grâce à une coïncidence heureuse des marées. Mais l’estuaire peut aussi quelquefois devenir un redoutable amplificateur de crues... L’Histoire démontre ainsi que l’agglomération bordelaise est particulièrement vulnérable lorsque les crues fluviales coïncident défavorablement avec des phénomènes maritimes importants sur l’estuaire.

 

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Crue en 1986

L’inondation de mars 1923

La « crue du siècle » de mars 1930

Février et Décembre 1952 : les crues des Jalles

La crue de Février 1974

Les crues de décembre 1981

La crue de mars 1988

La tempête de février 1996

La tempête Martin de 1999

La tempête Xynthia de 2010

La crue du 31 janvier 2014

L’inondation de mars 1923

Du 4 au 7 mars, de violentes tempêtes ont fortement accentué les effets des grandes marées (coefficient 115). De nombreux habitants riverains de la Garonne ont été inondés, que ce soit à Bègles ou les quartiers de Bordeaux.

Le marais de Blanquefort était déjà sous l’eau lorsque, dans la nuit du 5 au 6 mars, la Jalle a débordé sur presque toute la longueur de ses digues. L’eau est alors partout, jusqu’aux confins de Bruges, Parempuyre et Grattequina.

La « crue du siècle » de mars 1930

Cet événement est reconnu comme « la crue du siècle » du fait de la montée record des eaux du Lot, du Tarn et de la Garonne sur sa partie amont. Ainsi, les communes de Latresne, Bouliac et Villenave-d’Ornon furent sévèrement touchées : tous les palus de Langoiran à Camblanes étaient entièrement recouverts par les eaux.

Alors que tout Bordeaux était en alerte, la crue n’occasionna que des dégâts « habituels » : inondations des bas terrains des quartiers de La Bastide, de Saint-Jean et Bacalan. 

Car, par chance, il n’y avait pas de vent et le coefficient de marée était modéré (61), évitant une trop forte surélévation de la crue fluviale lors de la pleine mer. L’estuaire a donc joué un rôle protecteur : les marées montantes ont contenu la puissance de la crue aux portes de Bordeaux, les marées descendantes ont facilité l’évacuation de l’eau vers l’océan.

Février et décembre 1952 : les crues des Jalles

La crue de la Garonne du 3 février 1952 a pris une tournure dramatique en Gironde, avec 63 communes sinistrées. Mais à Bordeaux, comme en 1930, la marée a amorti la crue : seuls les quartiers de La Bastide et de Saint-Jean furent partiellement inondés. En revanche, les pluies diluviennes ont fait déborder de nombreux affluents : à Bègles, l’Estey Sainte Croix est sorti de son lit, La Mayre a rompu ses digues.

En décembre de cette même année, La Dordogne et La Garonne jouèrent également un rôle mineur dans l’inondation de toute la banlieue nord de Bordeaux. Les principales causes d’inondations furent en fait les ruptures de digues des Jalles, qui contribuent au drainage des Landes du Médoc vers le versant bordelais. Au total, 700 personnes furent évacuées au cours de cette crue dramatique.

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Évacuation d’une maison à Blanquefort en 1952

La crue de février 1974

Après une semaine de pluies diluviennes, les eaux de la Garonne déjà gonflées rencontrèrent une forte marée le 7 février. La digue de Brienne céda, permettant à l’eau de s’engouffrer dans les rues, maisons et entrepôts du quartier. Le lendemain, alors que le coefficient de marée était encore fort (103) ce fut au tour de la digue de la Pimpine à Latresne de rompre, fragilisée par les fortes eaux de la veille. Ce même jour, Le Peugue inondait les abords de l’Université Bordeaux II.

Les crues de décembre 1981

Deux événements se succèdent à la mi-décembre 1981 : un événement purement maritime le 13, suivi d’un événement purement fluvial le 17.

L’événement du 13 décembre 1981 est un événement maritime avec un coefficient de marée très important (106), augmenté par une surcote d’origine maritime au Verdon de 57 cm, des vents à 86 km/h en pointe ainsi que des débits fluviaux également importants.

Le 17 décembre 1981, c’est un événement fluvial qui survient, avec des débits très importants pour la Garonne et pour la Dordogne (période de retour estimée entre 30 et 50 ans pour la Garonne et entre 5 et 10 ans pour la Dordogne). Lors de cet événement, les marées sont encore fortes (coefficient de 99).

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L’événement d’origine maritime a généré les niveaux d’eau les plus importants

Les crues de 1981 étaient, plus en amont sur la Garonne, bien moins importantes que celles de 1930 et 1952. Mais les flots de la crue fluviale ont rencontré les marées montantes (coefficient 103), entrainant une élévation des eaux record au niveau de Bordeaux. Les inondations durèrent plusieurs jours, au gré de l’influence fluviale dans un premier temps, puis de l’influence maritime.

Le quartier de la gare fut le plus touché : l’eau est facilement montée à 50 cm, atteignant même par endroit les toits des voitures sur les quais de Sainte-Croix, de Paludate et leurs abords. Les quais des Salinières et des Chartrons furent également inondés.

Les jours suivants, une partie du quartier de Bacalan fut à son tour submergée. Dans le même temps, à Villenave-d’Ornon, les digues du ruisseau de l’Eau Bourde et de l’Estey de Franck ont rompu, des inondations sont aussi survenues à Bègles (Sembat). Sur la rive opposée, à Bouliac, l’eau a dépassé la voie ferrée. Au nord de l’agglomération, les zones maraîchères et marais situés entre la Jalle de Blanquefort, la Jalière et la Jalle du Taillan étaient aussi sous les eaux.

La crue de mars 1988

La conjugaison de grandes marées d’équinoxe (coefficient 115) et les fortes pluies sur toute la région a entrainé une crue soudaine de la Garonne sur sa partie aval. En moins de 5 minutes, l’ensemble des voiries autour du pont Saint-Jean sont sous l’eau. Les débordements durèrent trois jours, au gré des marées montantes.

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Inondation du quartier Saint-Jean en 1988 Des véhicules brusquement submergés

La tempête de février 1996

Les 7 et 8 février, une véritable tempête a balayé la Gironde. Les vents forts et la baisse de pression atmosphérique entrainèrent une élévation du niveau d’eau (surcote) de 1,96 m. Ainsi, malgré un coefficient de marée peu élevé (87), La Garonne est sortie de son lit. Dans la soirée, l’eau est passée par-dessus les digues : au niveau du quai Wilson à Bègles, du quai de Souys à Floirac. Les voies longeant les rives sont coupées, tandis que des inondations surviennent dans plusieurs quartiers de Cenon, Bègles et Villenave-d’Ornon.

La tempête Martin de 1999

La crue du 27 décembre 1999 reste sans nul doute l’inondation la plus importante du XXe siècle qu’a subi l’agglomération bordelaise. Directement liée à l’influence d’un estuaire agité par la tempête, cette crue s’est caractérisée par une montée des eaux spectaculaire, à une hauteur jusqu’alors jamais observée.

Le coefficient de marée associé à cet événement est faible (77) et les débits fluviaux moyens (inférieurs à 2 ans pour la Dordogne et à 10 ans pour la Garonne). Cependant, le vent a soufflé à des pointes de 194 km/h, ce qui a entraîné des surcotes de 1,55 m au Verdon et de 2,25 m à Bordeaux.

Heureusement, il n’y a pas eu concomitance de la surcote maritime du 27 décembre avec le pic de crue, survenu le 29 décembre.

Lien vers la crue de 1999

La tempête Xynthia de 2010

Les vents violents (200 km/h au Verdon) ont entrainé des inondations importantes sur plusieurs territoires girondins, notamment sur la presqu’île d’Ambès : la commune de Saint-Louis de Montferrand s’est rapidement retrouvée sous les eaux de la Garonne. Le quartier de la Bastide à Bordeaux fut également en partie submergé.

La crue du 31 janvier 2014

La Garonne est une nouvelle fois sortie de son lit, provoquant rapidement des inondations dans le quartier de La Bastide, sur les quais et, en rive gauche, dans le secteur Jean-Jacques Bosc.

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Les quais impraticables sous le pont de pierre

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