Estuaire et fleuve : des relations complexes

 
 

Index d'articles

  1. Bordeaux, métropole inondable
  2. Estuaire et fleuve : des relations complexes
  3. Les mécanismes de débordement
  4. Les protections contre les crues

Les niveaux d’eau dans l’Estuaire sont essentiellement régulés par les marées, mais subissent aussi l’influence des débits fluviaux. On parle d’influence « fluvio-maritime ». Le rapport de force entre marées et débits fluviaux évolue à mesure que l’on remonte vers l’amont.

Une forte influence maritime

La marée constitue le principal facteur des mouvements d’eau sur l’estuaire. Cette force domine également les comportements de la Garonne et de la Dordogne, ceci sur plusieurs dizaines de kilomètres.

L’influence des marées s’observe en permanence sur l’agglomération, avec des courants montants ou descendants plus ou moins puissants selon l’heure, entrainant une montée ou une baisse des niveaux d’eau.

Un estuaire en entonnoir

La largeur de l’estuaire n’est pas la même partout : il est globalement « en entonnoir », sa section se réduisant au fur et à mesure de sa remontée vers l’amont. De même, la profondeur des fonds de l’estuaire varie selon les secteurs.

Ces variations influent directement sur les comportements hydrauliques : plus l’estuaire est étroit et peu profond, plus la différence entre les niveaux d’eau de pleine-mer et de basse-mer (le marnage) est importante (amplification de l’onde de marée).

À l’inverse, le frottement sur les fonds se traduit par une diminution de ce marnage au fur et à mesure de la remontée de l’onde de marée vers l’amont de l’estuaire.

L’influence variable des débits fluviaux

Un autre paramètre rentre en jeu : le débit des eaux fluviales. En effet, leur apport continu contrôle le niveau des basses-mers et a donc tendance à diminuer le marnage de l’estuaire. Cette influence, minime à l’embouchure, est plus sensible en remontant vers l’amont.

Pour ces raisons, la symétrie «théorique » des marées de l’océan se voit modifié en remontant vers l’amont : les eaux fluviales freinent la marée montante et favorisent la marée descendante. Ainsi, à mesure que l’on remonte la Garonne, la période de courant montant (le « flot ») diminue en durée, celle du courant descendant (le « jusant ») augmente. On observe alors une dissymétrie de la marée à Bordeaux (la marée monte en 3 heures et descend en 9h00).

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Marégraphes du Port Autonome de Bordeaux le 13/03/2006 (source SOGREAH)

Au Verdon, la durée du flot est de 6h15 comme le jusant
 À Bordeaux, le flot est de 3h15, le jusant est de 9h15

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