Les mécanismes de débordement

 
 

Index d'articles

  1. Bordeaux, métropole inondable
  2. Estuaire et fleuve : des relations complexes
  3. Les mécanismes de débordement
  4. Les protections contre les crues

Du fait des influences croisées des marées et des débits fluviaux, plusieurs types de crues sont possibles sur l’agglomération bordelaise. Les inondations qu’elles peuvent générer sont aussi étroitement liées à la configuration des rives.

Les grands types de crues

L’événement d’origine fluviale

La crue est principalement liée à de fortes précipitations sur le bassin versant, qu’elles proviennent des Pyrénées ou du Massif Central via le Tarn ou le Lot – associées ou non à la fonte des neiges -, qui gonflent la Garonne et les autres cours d'eau objets du PPR (Jalles, Gua, Pimpine, ...) : les niveaux montent, les débits augmentent.

L’influence des marées sur les crues fluviales

La montée des eaux de la Garonne peut être amortie par les marées. La marée descendante contribue à emporter les eaux du fleuve vers le large, accélérant ainsi la décrue. Par exemple, la crue fluviale exceptionnelle de 1930 a été affaiblie en arrivant sur Bordeaux grâce aux conditions maritimes.

Mais l’effet contraire peut également se produire : à la montée des eaux de La Garonne s’ajoutent des conditions maritimes défavorables, comme des grandes marées. La force des marées montantes s’oppose alors aux débits du fleuve, amplifiant la montée des eaux sur leur lieu de rencontre.

L’événement d’origine maritime

La crue est souvent déclenchée par une grande marée, à laquelle s’ajoutent de mauvaises conditions météorologiques.

En effet, une tempête a une influence directe sur l’amplitude de la marée :

  • les vents forts génèrent des vagues plus ou moins hautes et fortes,
  • la pression atmosphérique diminue, elle appuie moins sur la surface de l’eau dont le niveau s’élève.

Cette différence entre le niveau d’eau prévu (en fonction du coefficient de marée) et le niveau réel s’appelle la « surcote ». Par exemple, lors de la tempête de décembre 1999, la surcote à Bordeaux était de 2 mètres.

Ainsi, la conjugaison des paramètres de marée, surcote océanique et vent peuvent conduire à des niveaux d’eau importants sans que le coefficient de marée soit exceptionnel.

Lorsqu’une marée exceptionnelle survient

Lors des grandes marées, les effets générés par les différences de fonds et les débits fluviaux s’accentuent. La ligne d’eau s’élève fortement au fur et à mesure que l’on remonte la Garonne.

 

 

Vidéo ligne d’eau par coefficient. 115 (Artelia)

 

Des débordements différents selon les situations

La configuration du terrain, paramètre déterminant

Le lit majeur (la zone potentiellement inondable par le cours d'eau) de l’estuaire a pour spécificité de comporter de vastes zones de marais plus basses que les niveaux de pleine mer. Bordé par un bourrelet alluvionnaire plus haut, l’estuaire est également endigué sur pratiquement toute sa longueur.

Bourrelet alluvionnaire et digues évitent que l’eau ne s’engouffre dans toutes ces zones basses à chaque marée un peu forte. Le réseau de fossés et d’ouvrages hydrauliques (canaux, clapets…) contribue également fortement au retour des eaux de crues dans le lit mineur (appelé le ressuyage).

Ainsi, les ouvrages hydrauliques jouent un rôle déterminant dans les débordements en cas de crue.

 

 

Animation Francom

 

 

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Schéma en coupe d’un débordement

Des débordements différents selon le type de crue

La crue de 1930, d’origine fluviale, a entrainé une submersion généralisée des endiguements à l’amont de Bordeaux, l’eau s’étant alors largement engouffrée dans le lit majeur. Au final, les niveaux d’eau dans le lit majeur étaient similaires à ceux dans le lit mineur.

Lors de la tempête de 1999 (crue d’origine strictement maritime) les submersions de digues et les brèches ont été localisées. L’eau s’est donc relativement peu écoulée dans le lit majeur, où les niveaux sont restés plus bas que dans le lit mineur.

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